L'AUTEUR

Jean-Didier Vincent

Jean-Didier Vincent est neurobiologiste, membre de l’Institut.
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Edito

La nature même de l’homme devrait être amenée à changer très rapidement dans les années à venir. « La science et l’Homme » s’attachera à analyser les raisons de ce changement attendu et les risques qu’ils font courir à l’Homme. Le principal acteur de ces bouleversements à venir étant sans aucun doute la science, ces questions interrogent l’avenir de l’homme et de la science qu’il a fait naître. L’espèce humaine est-elle menacée ? Après avoir produit la science, l’homme est-il appelé à devenir un produit de la science ?

13 déc. 2007

Flamands, encore un effort…

A propos de la Belgique aujourd'hui, cette lettre d'Elysée Reclus écrite depuis Quélern, à un ancien camarade de prison, à laquelle la République les avaient condamnés :

« Février 1878. […] Comme toi, je suis d’avis que l’écrasement des communes flamandes a été un des grands malheurs de l’humanité ; je crois aussi que leur aplatissement par la bourgeoisie de langue française est une ignominie et, comme toi, j’en suis écœuré. Sans doute vos communes sont libres en droit ; à elles de se grouper comme elles l’entendent avec d’autres communes flamandes ou néerlandaises, du Sud ou du Nord. C’est un attentat que d’intervenir entre les Flamands et leur langue, leur pensée même, et de dire : « Dans telle et telle circonstance, tu parleras français ». Mais tous les droits se tiennent, si les Flamands se bornent à lutter pour la conquête d’un seul droit, flamand, et non pour le droit humain, comment veux-tu qu’ils nous intéressent, nous entraînent passionnément à leur suite ? Quelques-uns d’entre eux ont si bien rapetissé leur cause qu’ils l’ont rendu solidaire des conquêtes germaniques… Tôt ou tard, les soldats prussiens reprendront leurs « frontières naturelles » jusqu’au Pas-de-Calais. Ces événements de l’avenir, je les vois d’avance avec regret, car plus que tous les autres peuples, les Allemands représentent la discipline – c'est-à-dire la mort. »

Il semble que la leçon n’a pas porté. Si la menace prussienne n’existe bien évidemment plus, une Europe sans âme et oublieuse du droit humain reste toujours aussi mortifère.  
Catégorie : ActualitéTags : Belgique
Pourriez vous cher Jean-Didier, nous préciser ce qui fonde le droit dans un moment où, comme celui-ci, les conditions de légimité du pouvoir vacillent?